♦ L’auteur :  Antoine Hardy, Responsable des publications de Terra Nova


L’approche d’une élection présidentielle est une bonne occasion pour rappeler quel rôle peut jouer un think tank, et singulièrement le nôtre. Nous marchons sur deux jambes qui correspondent à nos deux fonctions :  une fonction de proposition et une fonction d’animation du débat politique.

La première nous conduit à dresser des diagnostics sur les grands enjeux de la vie collective et les politiques publiques qui y répondent. C’est ce que nous avons fait depuis début 2016 concernant le marché du travail dans les grandes aires urbaines, le compte personnel d’activité, le Bac ou encore le sommeil. Cet effort débouche sur des recommandations, qui nous amènent à prendre position et souvent à nous montrer clivants. En effet, il ne s’agit pas seulement de regarder la réalité autour de soi en soulignant ce qui ne va pas, mais aussi et surtout, d’expliquer comment nous pourrions l’améliorer.

Dans notre seconde fonction, l’animation du débat politique, nous adoptons au contraire une attitude de rassemblement. Nous nous efforçons de contribuer à l’expression de la diversité des points de vue et à leur mise en valeur, ce que nous manifestons à travers des événements réguliers, organisés avec la plus grande neutralité.

L’élection présidentielle est un moment particulier dans la vie de notre pays. Contrairement à d’autres élections marquées par un fort taux d’abstention, ici, la participation se dément pas : près de 80 % de l’électorat se mobilise au second tour depuis 1995. Les candidats seront potentiellement nombreux. Les programmes aussi, les propositions également. Les rumeurs, imprécisions et intox voisineront avec les chiffrages, contre-expertises, et commentaires de qualité variable. Et, parmi tout cela, quelques thèmes essentiels émergeront, autour desquelles les débats se fixeront et l’élection se jouera.

Est-il bien raisonnable, dans ce contexte, de vouloir diffuser des analyses supplémentaires et des propositions en plus ? Oui, et même trois fois oui. Mais comment ?

• Nous continuerons à faire ce que nous faisons tout au long de l’année, grâce à près de 300 collaborateurs bénévoles, qui sont économistes, chercheurs, professionnels du monde de l’entreprise, universitaires, haut-fonctionnaires, représentants du monde associatif. Ils prennent sur leur temps pour s’interroger, lire, écrire, débattre entre eux, partager leur expérience de terrain. Ainsi, nous travaillons avec une vingtaine de coordonateurs de pôles, couvrant la plupart des domaines, qui se réunit régulièrement pour piloter nos travaux, sans compter les groupes de travail qui sont en cours. Ce travail est mené en toute indépendance, que ce soit à l’égard des formations et des écuries politiques ou à l’égard des lobbies et autres groupes d’intérêts.

• Terra Nova a aussi choisi ce moment d’ébullition qui précède le cœur de la campagne, à savoir les mois qui vont de septembre à février, pour mobiliser son réseau d’expertise au service de ce débat et pour diffuser des idées qui nous semblent importantes en vue de cette échéance. Mais tout en lui étant rattachées, elles ne sauraient y être entièrement soumises. Leur date de péremption n’est pas fixée au 7 mai 2017. Elles nous engagent dans la durée. Les mois à venir nous donneront ainsi l’occasion de présenter nos travaux sur le numérique et les territoires isolés, la qualité de vie au travail, les conflits d’intérêts, la police, entre autres.

• Enfin, Terra Nova souhaite continuer à utiliser différents espaces d’expression, chacun offrant la chance de faire connaître nos réflexions sous des formes différentes. Ce nouveau blog en fait parti. Et nous continuerons d’être très actifs sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter.

Autrement dit, la présidentielle sans fantasme ni prétention : à notre place.